« Ça prend du temps de traverser le cœur d’un enfer qu’on n’aurait jamais voulu vivre. »
Briller Noir : Burn-out et voies de libération (ebook sur le burn-out)
Disclaimer : le burn-out évoqué est sévère et salarial. Cet article est un retour d’expérience, il n’a pas de portée universelle, arrêtée ou médicale. Il est sage de lire avec discernement.
Il arrive qu’une fatigue telle s’accumule qu’on ne la comprenne pas, qu’elle survienne sans outils pour la traiter. On dort, certes, on dort, se repose et on n’est ni réellement reposé, ni rechargé. C’est l’incompréhension totale que de se savoir réveillé d’une nuit au demeurant complète, d’un week-end au demeurant reposant car calme, car tourné vers le calme. Et pourtant, on se sent lourd, à côté, déphasé du réel, à plat.
Qu’est-ce donc que cette fuite d’énergie, cette non-récupération ? L’article suivant se chargera d’explorer la reconnaissance de cet épuisement inconnu et éprouvant, propre au burn-out.
Fatigue et épuisement : l’expérience du flou dans le burn-out
Certaines matinées et certaines soirées arrivent plus chargées que d’autres. Quand elle sont occasionnelles, ciblées et justifiées, ce n’est pas si grave ; ça s’explique. Fournir une explication à une fatigue qui assomme et qui assomme fort, ça conforte l’esprit parce que ça reste justifiable.
Mais quand la fatigue n’est plus seulement passagère mais récurrente —et plus tristement encore installée, des questions se posent. Comme à son habitude, l’esprit cherche à rationaliser, à trouver une excuse au temps, aux dernières circonstances, à la vie qui demande plus en ce moment, au fait d’y répondre un peu trop, mais juste en ce moment.
Alors ça va, on se dit que ça va passer. Quelques bonnes nuits de sommeil, un peu plus de sérieux accordé à son hygiène de vie et des bons repas tranquillisera tout cela. Peut-être.
La fatigue résultant d’un burn-out survient doucement. Elle n’est pas qu’une simple fatigue récupérable en dormant mieux. En réalité, c’est une fatigue centralisée qui se transforme en épuisement. On se retrouve éreinté sur trop de plans qui ensembles, forment une bouillie floue et indigeste. Ça prend la gorge, l’estomac et ça s’étend.
Le corps est fatigué, c’est peut-être même le premier à le signifier. Comme c’est lui qui se manifeste dans toutes les fatigues que l’on rencontre dans une vie, on l’ignore. Un bâillement, ça s’ignore bien, des courbatures qui zigzaguent l’être, ça s’ignore tant que l’esprit est affairé. Parce qu’on est habitué à calmer le corps dans ses moments de fatigue depuis très jeune, on ne se dit pas que c’est très grave. Encore une fois, ça va passer.
Notre corps, on laisse de côté le fait qu’il est nôtre, que c’est essentiel de l’écouter.
Mais voilà, après le corps, ils arrivent en trombe, ces espaces en nous-mêmes qui naissent, crient et qu’on n’a pas appris à écouter. Le mental crie, nos organes crient, notre cœur généralise pour satisfaire ce qu’il y à faire. C’est tout l’être qui est mandaté pour trouver de quoi fonctionner, de quoi contrecarer le manquement actuel. Parce que ça va finir par passer. Quand on ignore trop longtemps, des choses s’installent et nous éteignent à tout petit feu.
Un jour, on n’a pas les ressources pour une conversation, les ressources pour rester là où on nous demande, les ressources pour achever une tâche qui n’est pas des plus énergivores alors ça va aller… Puis ça s’intensifie.
Certaines matinées et certaines soirées arrivent plus déchargées que d’autres. Il n’y a plus l’espace pour entretenir, pour se discipliner, on ne peut que lascivement, se laisser aller. On traîne dans le lit, on remet à plus tard, parfois on oublie même ce que l’on a déporté pour plus tard. On s’isole, on regarde le vide comme s’il était intéressant, on cherche des réponses aux crevasses dans des compléments alimentaires pour se booster, parce que pourquoi pas ? On instaure des règles —n’importe lesquelles— pour se recharger. Il faut bien reprendre du poil de la bête. La bête est glabre.
Le chargeur ne fonctionne plus comme à l’accoutumée. Il faut trouver autre chose, faire autrement, ce qui marchait ne marche plus. La médication arrive trop tard, l’épuisement règne.
Les nuits ne reposent plus. Le sommeil fuit pourtant, l’épuisement domine, pourquoi rien ne repose plus ? Changer les draps ne suffit pas, se coucher plus tôt non plus. Un somnifère est de passage mais ne fait rien récupérer, au réveil on a le sentiment que l’on n’a pas dormi.
Extrait de Briller Noir : Burn-out et voies de libération

Repos et récupération : les nuances de la réparation
Il faut —je pense— connaître la nuance concrète qui existe entre le repos et la récupération. Dans le cas d’un burn-out sévère, ces deux notions divergent et nécessitent un éclairage indispensable sur leurs définitions.
Le repos est un temps que l’on s’accorde pour se reposer, jusque-là ça paraît cohérent. La notion de repos est plus ou moins différente chez les uns et les autres. Dans la grande majorité, c’est un repos physique et mental où le sommeil et la tranquillité sont de mise.
On fait un break où le corps et l’esprit trouvent un endroit de calme et de régénération. Bien sûr chacun se repose à sa façon, l’essentiel n’est pas tant la manière, mais plutôt le dessein final : une sensation de recharge, de vitalité retrouvée, de bien-être.
Là où le repos ne suffit plus à se sentir bien, il faut comprendre que c’est parce que ce n’est plus ce qui convient maintenant. Quand des actions visant à se reposer ne procurent aucun repos, pas même un simulacre, c’est parce qu’il ne s’agit plus de ça. L’intérêt est autre, plus subtil.
S’invite alors, la question de récupération et non plus de repos. Pour prendre l’exemple des athlètes, je dirais qu’il advient que le corps a trop repoussé ses limites. Il faut récupérer, s’octroyer un regard factuel sur la situation et comprendre que c’est plus sérieux que ça n’y paraît.
La récupération c’est tout autre chose. Récupérer n’est pas se reposer. C’est un travail de plus longue haleine, plus endurant, plus demandant, plus rigoureux et surtout plus incertain. On en ignore la fin, on ignore comment on va réagir à ce processus ; il faudra s’occuper de ce processus en étant son propre cobaye. Certaines choses fonctionneront mieux que d’autres, il y aura des échecs et des réussites. Tant qu’il y aura des efforts, le désir de réellement récupérer et le sérieux à la tâche, il arrivera des résultats, à un moment ou un autre.
Dans la patience et la confiance, tout est possible.
Récupérer signifie littéralement reprendre quelque chose de perdu. Ici, il s’agit de l’énergie, toute l’énergie. L’énergie de l’envie, de la force, de la concentration, du plaisir, de prendre soin de soi. C’est un travail autant interne qu’externe, même si j’aurais à dire que ça passe d’abord par des réparations intérieures qui se déploieront à l’extérieur.
Ce n’est pas une course la récupération, ça ne servirait à rien et ralentirait l’approche de la destination finale. C’est indispensable de comprendre qu’il faut réparer ce dysfonctionnement de l’être, d’une manière ou d’une autre, maintenant ou demain, quand les forces seront suffisamment réunies, acheminées à portée pour en faire quelque chose.
Si cet article vous parle, j’ai écrit un ebook Briller Noir : Burn-out et voies de libération, résultant de mon expérience du burn-out et de sa compréhension. Ce court livre vous aidera à y voir plus clair tout en approchant avec lucidité et simplicité l’épuisement et ses rouages.
Découvrir Briller Noir : Burn-out et voies de libération
Merci pour votre lecture.


