J’ai découvert le romantisme noir alors que je cherchais un sujet d’étude pour la fac. Je n’aurais pas pu dire à ce moment-là qu’il m’amènerait vers Lilith, ni qu’il me fascinerait autant.
Ma découverte du romantisme m’avait déjà pas mal secouée et j’avais assouvi une certaine curiosité à lire, étudier et contempler les œuvres de Gœthe, Baudelaire, Lamartine, Turner ou encore Friedrich, pour ne citer qu’eux.
Je m’étais remplie de leurs mots, nourris de leurs coups de pinceaux et en moi-même, je retrouvais une quiétude lente et reposante dans laquelle j’aimais aller parce qu’elle me baladait dans ma propre nature, dans les cavités de mon âme. J’ai toujours accordé une oreille attentive —en construction— aux murmures de mon âme, à sa coordination avec mon être. Comme un langage que je ne savais pas parler mais dont je captais les échos quand je fondais dans les œuvres des romantiques. Je m’y complaisais et ça me suffisait.
Mais pour ledit sujet, le romantisme, c’était trop vague. Le romantisme était trop foisonnant, il abondait tellement que je n’avais aucune idée de comment le mouler pour ce travail. Ça me perdait.
Lilith, une approche inattendue
En faisant mes recherches, je suis tombée sur ce terme de “romantisme noir” et tout de suite, ça m’a intrigué. Je me suis demandée comment le romantisme pouvait-il être encore plus “noir” que ce qu’il offrait déjà dans Les Souffrances du Jeune Werther (Gœthe, 1774) par exemple, —le premier livre qui m’a initiée au mouvement. Même si tout est relatif, je dois avouer que ça m’a fortement intriguée et ça a forcé des recherches plus poussées mais cette fois-ci initiées par ma curiosité originelle et mon envie de cerner mon sujet universitaire.
C’est là que j’ai découvert sur ce livre, sur cette autrice que je connaissais mais que je n’avais jamais lue, et sur le souvenir de cette première de couverture que j’avais déjà visitée et sur laquelle je m’étais arrêtée comme magnétisée, pour ne pas dire envoûtée.
La Doublure, Mélissa Da Costa, 2022.
Le jour même, je n’ai pas su expliquer ce que j’ai fait. Comme une automate, je suis partie acheter ce livre, je me suis dit que c’était pour le travail, que ça m’aiderait à cerner mon sujet et que ça m’apporterait quelque chose. C’était un achat raisonné, pertinent à ma tâche, il n’y avait pas à hésiter.
Je me suis procurée la version poche en retrouvant rapidement l’effet de la première fois —mon regard aimantée à la couverture. Ce fond sombre, noir où ne m’a été perceptible que cette femme serpentée dans le tableau de John Collier, Lilith (1887). Je n’ai pas regardé la rose, ni même l’encadrement et encore moins le ruban. Je n’ai retenu que le noir et la blancheur de Lilith.

Lilith, une re-découverte
Je connaissais déjà la figure de Lilith. La première fois que j’en ai entendu parler, c’était il y a quelques années à travers des épisodes de la série Supernatural (Kripke, McG, 2005-2020). J’avais alors une image plutôt négative du personnage, hautement amplifiée par son rôle dans cette fiction. Son nom m’intriguait, m’effrayait un peu aussi mais plus que tout créait une sorte de fascination étrange, inexplicable et intangible —que je veillais bien à ignorer.
Après ça, j’ai retrouvé Lilith lorsque je me suis penchée sur l’étude de mon thème astral. Curieuse de nature, j’aime collecter des informations de tout ordre et principalement de ceux qui m’enrichissent. Me pencher sur mon thème astral a été un intérêt pendant une période de ma vie. En le parcourant, j’ai découvert ce qu’on appelle la Lune Noire (aussi appelée Lilith). Pour moi, la compréhension est restée très opaque et avec l’idée que j’avais déjà du personnage —de part la série, ça ne m’avait pas vraiment aidée à appréhender la chose de façon objective.
Jusqu’à cette peinture de Collier, jusqu’à ce livre de Mélissa Da Costa.
Avant de regarder le fond du livre, j’ai fait naufrage sur la couverture, sur la toile qui y figurait. L’envoûtement.
Je ne me suis pas intéressée à la peinture dès le départ. En fait, j’ai considéré cette couverture et j’ai observé qu’elle suscitait quelque chose en moi.
Je ne suis pas allée plus loin que ça. En général, je pense que c’est parce que l’information n’a pas à me venir tout de suite mais qu’une première approche se fait déjà pour que l’écho, plus tard, me soit familier, me fasse sens. Car sans écho, j’ai une tendance exacerbée à la prudence.
Cette première vraie approche, dans la volonté de comprendre et d’assimiler ce personnage, m’a poussé à d’abord lire La Doublure. À me documenter en parallèle de ma lecture et à intégrer, petit à petit, le premier prisme offert du personnage de Lilith. J’étais ouverte à tout pourvu que je comprenne ce que l’on me proposait.
Et c’est en approfondissant mes recherches, que j’en ai rapidement conclu que ce roman proposait une réécriture contemporaine du mythe de Lilith, la première femme d’Adam dans la tradition juive.
Dès lors, ma curiosité a été diffuse, en témoigne la suite de mes articles sur le sujet foisonnant et mystérieux de Lilith).
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