Rendez-vous à la Porte Dorée : un roman contemporain et dramatique, mêlant passion amoureuse, regrets et désillusions.
L’intrigue du roman
On découvre dans ce roman, l’histoire d’Anne, trentenaire esseulée, éternelle insatisfaite, qui, un jour de grand débordement, quitte son mari Joachim.
Décision centrale ici et qui viendra scléroser la protagoniste tout le long du livre.
Une lecture actuelle
J’aime les thèmes « simples » au demeurant mais complexes dans la façon dont ils sont amenés. C’est ce qu’on a dans ce roman, une crise, aussi identitaire qu’existentielle, une crise égoïste beaucoup plus dense qu’une simple rupture « coup de tête ».
Anne, c’est l’insatisfaite parfaite, la consommatrice relationnelle, jamais assouvie, en quête perpétuelle d’un absolu qu’elle ne trouve pas en elle-même, qu’elle ira chercher chez l’autre. Son histoire, c’est celle d’une incomprise, incapable de saisir ses failles, incapable de la moindre intelligence émotionnelle.
Et sa décision sera son faix. Ce roman questionne non seulement la femme dans le couple mais également la mère dans la famille.
C’est une lecture contemporaine avec des thèmes actuels que l’on rencontre forcément à un moment de notre vie, à titre personnel ou non. On reconnaît Anne, on reçoit ses déboires, sa négligence et son auto-centrisme. Elle nous fait penser à quelqu’un que l’on connaît de loin ou de près et elle nous questionne sur les causes de sa situation, nous amenant même à penser ce que nous-mêmes, nous aurions fait à sa place.
Quelques clés de lecture + mon avis personnel
C’est une lecture que j’ai globalement appréciée malgré que le personnage d’Anne soit, pour moi, horripilant. À plusieurs reprises, j’étais quelque peu exaspérée par son caractère et son manque de discernement. On a face à nous un personnage cloisonnée dans un schéma intérieure qui n’est pas en sa faveur. Sur ce point-là, l’autrice le démontre largement.
L’écriture reste fluide, riche et entraînante. On suit facilement cet univers très proche de la réalité. La lecture passe vite car les chapitres ne sont pas nécessairement longs.
J’ai aimé le bagage iconographique pré-renaissant proposé, les rapprochements avec Giotto notamment (artiste prolifique de la période dite du « Trecento »), peintre italien que j’avais déjà appréhendé lors de mes études d’Histoire de l’art. Ça m’a permis de replonger dans certaines de ses œuvres dont celle que l’on retrouve sur la couverture : « La rencontre d’Anne et Joachim à la Porte Dorée », (environ XVème siècle).



La peinture est d’ailleurs reprise pour l’image de couverture, illustrant dans des couleurs chatoyantes, la rencontre des deux amants.
Également, j’ai été heureuse d’en apprendre un peu plus sur l’histoire d’Anne & Joachim, parents de la Vierge Marie dans la tradition chrétienne. En terme général, consommer un contenu livresque défend plusieurs raisons : le divertissement, l’évasion, l’apprentissage, la découverte et quelques autres. Ici, j’ai fait le choix de cette lecture sans savoir que j’allais derrière découvrir un bagage pictural intéressant et qui plus est, en lien avec ce que j’ai préalablement étudié.
J’ai vécu cette sensation — et de façon décuplée — avec le roman de Mélissa Da Costa, La Doublure (je ne le cite plus, mais on le retrouve dans mon article : Le mythe de Lilith, approche et découverte). Dans cet ouvrage, on a la sensation par moment de visiter une galerie d’art, sous un certain prisme bien sûr, mais c’est personnellement ce que j’ai ressenti.
Une lecture conseillée
• à ceux qui s’intéressent aux roulements intérieurs, aux décadences passionnelles, aux grandes illusions/désillusions
• à ceux qui veulent une lecture concentrée mais flash, où les chapitres se déroulent à la manière d’un flux de pensées
• à ceux qui s’interrogent sur la passion dans un couple et ce qu’elle entraîne


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